La meilleure méthode pour construire un jeu cohérent, fun et mémorable.
Introduction
Quand on crée un jeu vidéo, une question revient systématiquement :
faut-il écrire l’histoire avant de concevoir le gameplay, ou l’inverse ?
Certains créateurs démarrent par un univers, des personnages et une intrigue. D’autres construisent d’abord une boucle de gameplay addictive, puis ajoutent un scénario ensuite.
En réalité, il n’existe pas une seule “bonne” méthode, mais la bonne méthode pour votre type de jeu.
Dans cet article, vous allez comprendre :
- les avantages et limites des deux approches,
- quand écrire avant le gameplay,
- quand écrire après,
- et la méthode la plus efficace en 2026 : l’approche hybride.
1) Écrire le scénario avant le gameplay : quand l’histoire guide l’expérience
Les avantages
Écrire avant permet de définir une vision claire :
- l’ambiance, le thème, le ton,
- les enjeux émotionnels,
- l’identité du héros,
- et la direction artistique.
Cela fonctionne très bien pour :
- les jeux narratifs,
- les RPG centrés personnages,
- les jeux d’enquête,
- les visual novels,
- les expériences immersives.
Dans ces genres, le gameplay est souvent au service de l’histoire : exploration, choix, dialogues, investigation.
Les risques
Le danger principal est de créer un scénario “parfait” sur le papier… mais difficile à traduire en jeu.
Risques fréquents :
- trop de cinématiques, pas assez d’interactivité,
- des mécaniques ajoutées tardivement, donc incohérentes,
- un jeu qui “raconte” au lieu de faire vivre.
Règle : un jeu vidéo n’est pas un film. Si le joueur ne joue pas, l’émotion retombe.
Concevoir le gameplay avant le scénario : quand le fun vient d’abord
Les avantages
En démarrant par le gameplay, vous validez rapidement l’essentiel :
- la boucle de jeu est-elle fun ?
- le prototype est-il jouable ?
- la prise en main est-elle satisfaisante ?
Cette approche est idéale pour :
- les jeux d’action, plateforme, roguelike, puzzle, arcade, multijoueur,
- tout projet où la sensation de jeu prime.
Dans ces genres, le scénario doit renforcer l’expérience, pas la remplacer.
Les risques
Le principal danger : un jeu fun mais sans identité narrative.
Conséquences :
- univers générique,
- absence d’attachement aux personnages,
- difficulté à se démarquer sur un marché saturé.
Un gameplay solide vous fait exister. Une narration cohérente vous fait mémoriser.
3) La meilleure approche : l’hybride (vision narrative + prototype rapide)
En pratique, l’approche la plus efficace consiste à :
- définir une intention narrative minimale,
- prototyper le gameplay immédiatement,
- ajuster l’histoire en fonction de ce qui fonctionne en jeu.
Ce que vous écrivez au départ (minimum viable story)
- Le thème : de quoi parle vraiment votre jeu ?
- L’objectif du joueur : que doit-il accomplir ?
- Le ton : sérieux, humoristique, sombre, poétique…
- 1 personnage central + 1 antagoniste (ou force opposée)
- 1 promesse d’univers (ce qui rend votre monde unique)
Cela suffit pour créer une direction forte sans vous enfermer.
4) Méthode concrète en 5 étapes (simple et efficace)
Étape 1 — Définir la promesse du jeu
En une phrase :
“Dans ce jeu, vous allez…” + action principale + originalité.
Étape 2 — Construire une boucle de gameplay jouable
Action → récompense → progression → recommencer.
Étape 3 — Écrire un “arc narratif” de base
Début / milieu / fin, sans détails.
Étape 4 — Faire un prototype en 7 jours
Objectif : vérifier le fun et l’intégration narrative.
Étape 5 — Itérer : narration au service du jeu
Vous ajoutez des scènes, des quêtes, des dialogues uniquement si cela renforce l’expérience de jeu.
5) Cas pratiques : quelle approche selon votre genre ?
Jeux narratifs / RPG / enquête
Scénario d’abord, puis gameplay adapté.
Mais prototypage rapide indispensable pour rester interactif.
Plateforme / action / puzzle / roguelike
Gameplay d’abord, puis narration ajoutée pour donner sens et identité.
Jeux hybrides (narration + gameplay fort)
Approche hybride recommandée : vision narrative + prototype immédiat.
6) Le critère décisif : l’émotion vient de l’interaction
La question n’est pas “écrire avant ou après”.
La vraie question est :
Qu’est-ce qui fait ressentir quelque chose au joueur ?
Dans un jeu vidéo, l’émotion vient souvent de :
- la difficulté surmontée,
- les choix,
- les conséquences,
- l’exploration,
- le rythme entre action et respiration.
Un bon scénario de jeu n’est pas juste une histoire :
c’est une histoire que le joueur vit.
Conclusion
Alors, faut-il écrire avant ou après le gameplay ?
Si votre jeu est narratif : vous pouvez commencer par l’histoire.
Si votre jeu est “fun-first” : commencez par le gameplay.
Dans la majorité des projets indés : la meilleure solution reste l’hybride.
Une intention narrative claire + un prototype rapide = le duo gagnant.

